Les appels d'offres non rémunérés
Je ne suis pas disponible pour répondre aux appels d'offres non rémunérés.
Qu'est-ce qu'un appel d'offre acceptable ? Comment doit-il être organisé ?
Comment choisir un graphiste - ou un groupements de spécialistes de la communication - sans se tromper ?
Il faut lancer un appel d'offre, mais pas n'importe lequel, et pas au seul avantage du commanditaire.
C'est très simple. Nous avons tous un book sur internet, que ce soient les agences, les graphistes, les rédacteurs, les traducteurs… Par ailleurs, vous en connaissez aussi certainement, ou votre entourage connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un… Au pire, il y a des agences de free-lances. Phase 1 : Vous faites une pré-sélection de quelques prestataires qui vous semblent correspondre en qualité à votre niveau d'exigence, et vous leur faites parvenir un cahier des charges. Sur cette base - si elle est bien conçue -, vous recevez des devis, vous évaluez leurs pertinences et leurs implications (les prestations non comprises) par rapport à votre budget. Phase 2 : Si vous avez encore des doutes, vous faites concourir deux ou trois candidats (maximum) dans une compétition rémunérée pour présenter un projet créatif sous forme d'une ou plusieurs maquettes. Ceci devrait vous permettre de choisir le bon cheval. Vous dédommagez les candidats recallés à hauteur de 50% minimum du prix normal pour la prestation demandée.
Assimiler un freelance à une multinationale est une connerie de technocrate
Les marchés publics ne font pas de distinction entre les marchés et traitent les professionnels libéraux comme des multinationales. Ainsi, ces technocrates imaginent que répondre à un appel d'offre demande le même investissement proportionnel à une entreprise de 2000 salariés qu'à un freelance. Les enjeux et la valeur des marchés ne sont pourtant pas les mêmes…
Il faut bien comprendre que si un travailleur indépendant veut faire son travail comme il convient pour répondre à un appel d'offre, il passe plusieurs jours, voire plusieurs semaines à concevoir, dessiner, mettre en page, illustrer et expliquer sa démarche. De plus, pour les fameux bordereaux de prix unitaires, nous, graphistes, ne disposons pas - la plupart du temps - de l'outil de référence qui sert à ces collectivités à établir leurs appels d'offres, à savoir Gestimarchés, donc nous devons calculer tous nos prix, les comparer avec des confrères, les évaluer par rapport aux bureaux de fab. Cela nous prend un temps infini et la plupart du temps nous sommes dans les choux par rapport aux estimations du logiciel magique. Et pendant ce temps là, on ne fait pas autre chose.
Il faut savoir que, systématiquement, les appels d'offres publics vont au moins disant, quoiqu'en disent les réglements desdits appels d'offres qui prétendent accorder 50% de la note à la création et 50% au prix. Il n'en est rien. Seul le prix compte. Et le marché va presque automatiquement à un bureau de "création" qui va délocaliser tout cela pour pouvoir gagner de l'argent.
Bref, on sert de faire valoir. Le système va à sa perte et risque de nous emporter tous.
J'appelle tous mes collègues à ne plus participer à des appels d'offres non rémunérés, qu'ils soient publics ou privés.
Voir le document de l'Alliance Française des Designers sur ce sujet
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