Délocaliser la création et la conception graphique, les maquettes, la photogravure, la photo… enfin tout quoi !
Bien sûr ! Pourquoi n'y avons-nous pas songé plus tôt ?
Parce que c'est une GROSSE connerie, et qu'il fallait que les entreprises se dotent de directeurs financiers pour y penser. Maintenant que le ver est dans la pomme - et qu'il ne compte pas en partager la pulpe - tous les moyens sont bons pour se remplir les poches. Et moins il y aura de poches à remplir, plus elles seront pleines, bien sûr.
Délocaliser où et pourquoi ?
Si délocaliser, c'est donner du travail intéressant et bien rémunéré aux malgaches, je suis pour, même si c'est en partie mon travail. Mais délocaliser n'est pas cela.
Que se passe-t-il ? Pourquoi délocalise-t-on la pub, la création graphique, la photo et le reste ? Les bureaux de fabrication, les agences de pub, les bureaux de design rachètent, pour pas cher, des officines moribondes dans des pays francophones en développement ou francophiles de l'Est, et en font leur studio offshore. Bien sûr tout cela avec des salaires de misère, des cadences infernales et sans aucune protection sociale. Les bénéfices rentrent de toute façon dans la poche des patrons occidentaux, qui de surcroît échappent ainsi à un impôt qu'ils auraient dû payer en France. Pour peu que leur montage passe par des sociétés écran basées dans des paradis fiscaux inscrits en liste "grise" et le tour est joué. Bien sûr, pour donner le change, ces "agences couleur locale" ont une petite production pour le marché local, quelques annonces pour le rhum, le sucre, les fleurs ou le café autour de l'Afrique ; dans les pays de l'Est, pour les productions locales impossibles à exporter.
La mondialisation n'est pas une mode, c'est une idéologie. Et ce "mondialisme" n'est qu'une autre face du libéralisme débridé que nous subissons.
Il faut bien se dire que tout ceci a une limite. Les libéraux qui prônent ce mondialisme s'appuient sur la potentialité de création de richesse. Ils se gardent bien sûr de préciser que les richesses sont pour eux seuls, bien entendu. Et quand il n'y aura plus personne pour acheter leurs produits - devenus inutiles - ni en Europe, ni ailleurs, il n'y aura plus de richesse pour personne, juste une gigantesque boucherie ! Je ne le souhaite pas, mais ces messieurs du CAC 40 nous y emmènent à grands pas.
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